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Les abeilles dans leur environnement

Marie-Pierre Chauzat

Mercredi 29 février 2012

à 11h en salle C. Brot

Les abeilles sont des insectes hyménoptères appartenant au même ordre que les fourmis et les guêpes. Il existe plus de 20 000 espèces d’abeilles, dont la plupart sont des abeilles solitaires. Le genre Apis comporte de nombreuses espèces, sous-espèces, races et sous-races d’abeilles, qui, toutes, sont adaptées à leur environnement. Deux espèces d’abeilles sont importantes pour l’apiculture : l’abeille mellifère Apis mellifera, et l’abeille asiatique, A. cerana dont les colonies sont petites et dociles, mais leur production de miel est faible. La grande majorité des études menées sur les pathogènes des abeilles ont été – et sont toujours, conduites sur les abeilles mellifères (A. mellifera).

Varroa destructor est un acarien parasite externe qui affecte les abeilles A. mellifera. Son hôte originel est l’abeille asiatique avec laquelle il a établit des relations hôte/parasite stables résultant d’une longue période de co-évolution. V. destructor est devenu en quelques dizaines d’années le fléau le plus important affectant durablement la santé des colonies d’abeilles. Sa répartition est maintenant mondiale à l’exception de quelques îles (dont officiellement l’Australie) et de rares vallées isolées. V. destructor se nourrit de l’hémolymphe des abeilles (leur « sang ») en s’attaquant au couvain et aux abeilles adultes dont il perfore la cuticule. Sans traitement, les colonies meurent rapidement de la parasitose.

La loque américaine et la loque européenne sont les deux maladies principales d’origine bactérienne affectant les abeilles, dont les agents pathogènes sont Paenibacillus larvae et Melissococcus plutonius respectivement. Ces maladies s’attaquent au couvain de différents âges (couvain ouvert pour la loque européenne et couvain fermé pour la loque américaine) provoquant la mort des larves ou des nymphes, parfois en grand nombre. Les maladies d’origine virale sont particulièrement énigmatiques parce qu’elles accusent un retard d’étude, principalement dû à la petite taille des agents responsables. Le virus de la paralysie chronique, nommé aussi virus de la maladie noire en raison des symptômes qu’il provoque (abeilles noires et dépilées), est étudié depuis plusieurs dizaines d’années au laboratoire de Sophia Antipolis.

La multiexposition des colonies d’abeilles à de faibles doses de pesticides a été démontrée par la présence de résidus dans le pollen, la cire ou le miel. Les faibles doses de pesticides mises en évidence poussent désormais les recherches vers l’étude des mortalités diffuses d’abeilles qui affectent les colonies, par opposition aux mortalités aiguës de colonies entières. La dégradation générale de l’environnement, avec l’appauvrissement des ressources alimentaires en quantité, en qualité et en diversité est également un facteur important qu’il faut prendre en compte. Cependant, les protocoles applicables aux études de terrain permettant d’étudier de manière fine ces mortalités sont encore en développement, particulièrement en ce qui concerne les outils nécessaires pour mesurer la santé des colonies.

Il est nécessaire de considérer ces multiples facteurs simultanément pour tenter de comprendre la santé des colonies d’abeilles dans leur ensemble. Ce travail est mené au Laboratoire de Sophia Antipolis depuis de nombreuses années et sera poursuivi grâce au mandat de laboratoire de référence Européen obtenu en avril 2011.

Voir en ligne : Anses, Laboratoire de Sophia-Antipolis, Unité de pathologie de l’Abeille